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Acide phytique

L’acide phytique ou acide myo-inositol hexaphosphorique est une biomolécule de formule brute C6H18O24P6. Les sources les plus concentrées d’acides phytiques sont les huiles végétales, les grains complets , les noix, les légumineuses, les haricots, les spores, et le pollen.

L’acide phytique est une forme de stockage du phosphore et des minéraux de la plante et compte pour 60 à 90% du phosphore de la plante. Ce stockage entraine l’impossibilité d’assimilation des nutriments (fer, zinc, magnesium, etc) liés à ce phosphore.

Acide phytique

Concernant les graines, 80% de l’acide phytique se situe dans l’enveloppe ou le son (couche aleurone) de nombreuses céréales et légumineuses. L’acide phytique a la propriété de chélater divers cations en formant des sels insolubles, les phytates. Cette propriété est exploitée en œnologie : le traitement au phytate de calcium est le seul qui soit autorisé (en France) pour déferrer les vins rouges (les vins blancs et rosés peuvent être déferrés au ferrocyanure de potassium).

Il y a aussi de l’acide phytique dans les légumes, mais en quantité moindre.

En nutrition humaine

En raison de son effet chélatant (groupements phosphates anioniques qui sont des réserves de phosphore pour le développement de la plante et qui séquestrent les cations), l’acide phytique peut contribuer, dans certains cas (aliments riches en phytate, absence de fermentation qui les élimine), à diminuer la biodisponibilité des minéraux et entraîner des déficits en phosphore, calcium, fer, magnésium, zinc… C’est notamment le cas lors de la « révolution néolithique » : sauf les ruminants (dotés d’un microbiote intestinal possédant un équipement enzymatique original, avec notamment des phytases), les mammifères, hommes inclus, ne peuvent hydrolyser les complexes phytiques. Or, les premières céréales cultivées ont des graines riches en ces composés servant de défense contre les herbivores. Ce facteur a probablement joué un rôle dans la diminution croissante de la taille des hommes du Néolithique, de plus de 10 cm, phénomène lié en partie à cause de changements génétiques lorsqu’ils se sont adaptés au réchauffement climatique, mais aussi à leur alimentation : graines des céréales cultivées riches en lectines et en acide phytique déminéralisant, baisse de l’apport protidique animal (liée à la diminution de la chasse au gros gibier et la consommation d’animaux d’élevage plus gras), agressions nutritionnelles (disettes et famines, conséquences des aléas climatiques sur les monocultures et des divers conflits), plus grande exposition aux épidémies (favorisées par la sédentarisation et les carences protéiques).

Bien que les graines sélectionnées depuis soient moins riches en acide phytique, cet effet de déminéralisation persiste et peut conduire aujourd’hui à des carences, notamment en fer, en calcium et en zinc.

Malgré cela, la consommation d’acide phytique est associée une densité minérale osseuse plus importante et à un plus faible risque de fracture de la hanche. Cela serait lié à une inhibition sélective des ostéoclastes.

Le pain

Cet effet de déminéralisation s’observe plus chez les consommateurs de pains à base de farines complètes (l’acide phytique étant très majoritairement présent dans les enveloppes des céréales) n’ayant pas subi une fermentation à base de levure / levain traditionnel(le). La fermentation au levain naturel (sans levure de boulanger, ni levure chimique) est lente et produit une acidité (pH<5.5) qui active des enzymes, appelées phytases, présentes dans la farine, produites par les levures, et surtout par les bactéries. Ces phytases dégradent l’acide phytique en inositol et phosphore minéral.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une vitamine à proprement parler pour l’espèce humaine (capacité de synthèse par l’organisme), l’inositol appartient au groupe des vitamines B (« vitamine » B7). Environ 80 % du phosphore contenu dans les céréales est sous forme d’acide phytique. Il est donc aisé de comprendre le double intérêt nutritionnel de la panification au levain en ce qui concerne l’acide phytique, ceci en particulier pour les végétariens et, encore plus, les végétaliens dont les apports minéraux se font essentiellement par les céréales et légumineuses qu’ils consomment.

L’acide phytique est très souvent accusé de déminéralisation mais son action sur les différents minéraux est complexe et ne fait pas l’unanimité chez les scientifiques.

Amidon

La digestibilité de l’amidon est réduite par l’acide phytique. 2 % d’acide phytique ajouté à de l’amidon de blé cru, réduit de 50 % le taux de digestion de l’amidon. L’ajout de calcium normalise cette réduction, le calcium se liant avec l’acide phytique.

Minéraux

Le zinc : son absorption semble affectée par l’acide phytique. Une étude montre une diminution d’absorption d’environ 20 % avec un apport en acide phytique triplé. Mais les résultats sont sujets à controverse car les groupes examinés n’avaient pas une alimentation équivalente. Comme le notent les auteurs de l’étude, absorber 8 % de 3,5 mg de zinc contenu dans du pain complet apporte une quantité de zinc plus importante qu’avec la même quantité de pain blanc, dont 38 % du zinc est assimilé, mais qui n’en contient que 0,4 mg.

Une autre étude portant sur des rats démontre que ceux nourris à la farine complète ont globalement un meilleur apport en minéraux que ceux nourris à la farine blanche : l’acide phytique réduit en effet l’absorption de certains minéraux, mais ceux-ci sont présents en plus grande quantité dans la farine complète.

Une étude réalisée sur des porcs montre un effet comparable entre un ajout de zinc à la ration alimentaire de porcs et un ajout de phytase (une enzyme qui clive le phytate). La phytase a aussi pour effet de réduire le rejet de zinc par les porcs. Ces rejets de minéraux, en particulier le phosphore, participent à l’eutrophisation des milieux. Pour ces deux raisons (rejets et assimilation) des essais de transgenèse avec des gènes de phytase ont déjà été effectués sur les végétaux et sur les porcs eux-mêmes.

Une étude réalisée sur une population d’enfants iraniens et égyptiens mit en évidence le concept de biodisponibilité du zinc. Les enfants consommant un pain complet élaboré sans levain, mais riche en zinc, souffraient paradoxalement de plus de troubles associés à une carence en zinc (retards de croissance) que ceux consommant un pain blanc, élaboré au levain, mais plus pauvre en zinc : la phytase du levain rend le zinc disponible pour être assimilé.

Le cuivre : selon une étude, l’acide phytique n’a aucun effet sur l’absorption du cuivre. En outre, il ressort de cette étude que la métabolisation du cuivre peut varier sensiblement d’un individu à l’autre facteur indépendant de la teneur en acide phytique et en fibres. Il faut aussi savoir que l’absorption du cuivre est corrélée à celle du zinc.

Le magnésium : l’inhibition de l’absorption du magnésium est dose-dépendante quant à la quantité d’acide phytique.

Le fer : L’acide phytique est un agent chélateur du fer mais le monophytate ferrique contenu dans le son de blé est hautement biodisponible et n’affecte pas l’absorption du fer.

(Source Wikipedia)

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